Texte de Amis du Grandvaux
Chacun aura pu, après avoir lu son livre, constater le travail de fourmi qu'il a réalisé, notamment traduire les documents rédigés en latin ou les phrases interminables du jargon administratif en vieux français.
Né à Saint-Laurent en 1864, son père originaire des Jannez, ancienne commune de Rivière-Devant, avait épousé Anaïs Bouvet (Canard) de Saint-Pierre, fille de Germain Bouvet dont on a parlé au sujet des prussiens en 1871. Il était neveu de Raymond Bouvet, curé et historien de Marigna sur Valouse. Celui-ci a certainement été pour une bonne part dans l'entrée en religion de son neveu.
L'abbé Luc Maillet-Guy fut élève de la maîtrise de Saint Claude, puis, membre des chanoines réguliers de l'Immaculée Conception. Il alla de Saint Claude à Saint Maurice (Drôme), puis au Canada. Par la suite, il revient en France comme bibliothécaire aux facultés catholiques de Lyon.
Vers 1926-1927 : éboulement catastrophique à la colline de Fourvière (je me souviens d'une photographie du journal "Le Nouvelliste de Lyon" ou le maire de l'époque Edouard Herriot participait, comme tout le monde, aux premiers travaux de déblaiement pour rechercher les victimes). Le logement de l'abbé Maillet-Guy étant dans la zone éboulée, il vint à Voiteur comme aumônier des Ursulines de Voiteur. Alors il se mit à rédiger l'histoire du Grandvaux.
Pas d'auto, bien entendu, et il ne devait pas savoir aller à bicyclette. Il est probable qu'il montait par le tacot et restait quelques jours à fouiller chez les notaires, chez les vieilles personnes documentées, aux mairies, aux archives paroissiales, etc. Il se déplaçait à pied ou avec son ami Albert Bouvet en calèche avec le cheval.
Son livre parut en 1933 et il semble qu'il eut peu de succès en nombre de volumes vendus. Certaines communes l'ont même aidé financièrement pour qu'il n'en soit pas trop de sa poche. Le montant total des subventions des communes fut de 2900 francs de l'époque; le prix de l'exemplaire étant de 50 francs, c'était le prix de 58 volumes.
Décédé en pleine occupation allemande, ses obsèques à l'Abbaye (probablement selon son désir) furent réduites au strict minimum.
Il est enterré à droite de la grande croix centrale dans un caveau prévu pour les prêtres de la paroisse. En cas de force majeure, ce caveau sert de caveau d'attente.
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